5) Et:


« Tu ne verras jamais ceux qui ont foi en Allâh et au Jugement dernier sympathiser avec ceux qui s’insurgent contre Allâh et Son Envoyé, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou de leur tribu » [8]
Les quelques versets Coraniques cités ci-dessus indiquent qu’il est illégal d’avoir une amitié profonde et d’être intime (muwalat) avec des non-Musulmans, même proches. Cependant, de nombreux autres textes du Qour’an et de la Sunnah, les agissements et la pratique du Messager de Allâh, le comportement de ses Compagnons à l’égard des non-Musulmans, indiquent que l’on doit traiter les non-Musulmans avec sympathie, générosité, compassion et sollicitude.


1) Allah le Très-Haut dit :


« Allâh ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Allâh aime ceux qui sont équitables » [9]
2) Et :


« Ô vous qui croyez ! Soyez fermes dans l’accomplissement de vos devoirs envers Allâh, et impartiaux quand vous êtes appelés à témoigner ! Que l’aversion que vous ressentez pour certaines personnes ne vous incite pas à commettre des injustices ! Soyez équitables, vous n’en serez que plus proches de la piété ! Craignez Allâh! Allâh est si bien Informé de ce que vous faites » [10]


Dans ces deux versets, Allâh le Très-Haut nous commande de traiter les non-Musulmans de manière juste et honorable. L’aversion ressentie pour leurs croyances ne doit pas inciter un Musulman à les traiter injustement.
Le Messager bien-aimé d’Allâh, qui a été envoyé comme une miséricorde pour toute l’humanité, a fait preuve de bonté, de compassion, de générosité et de politesse envers les non-Musulmans, il est difficile de trouver des exemples semblables dans l’histoire.
Alors que Makka al-Mukarrama était sous l’emprise de la famine, il sortit personnellement pour aider ses ennemis qui lui avaient fait quitter sa ville natale. Lors de la conquête de La Mecque, tous ses ennemis devinrent sous son pouvoir et son contrôle, et pourtant il les libéra tous, leur accorda l’amnistie mais également le pardon pour ce qu’ils firent dans le passé. Lorsque des prisonniers de guerre non-Musulmans furent présentés devant lui, il les traita avec autant de gentillesse et de tendresse que celle que l’on pourrait accorder à ses propres enfants. Ses ennemis lui avaient infligé toutes sortes de blessures et de douleur, mais il ne leva jamais la main pour se venger, ni ne leur souhaita du mal, au contraire il priait pour qu’ils soient guidés. Une délégation de la tribu des Banu Thaqifa (qui n’avaient pas encore accepté l’Islam) vint lui rendre visite. Ils eurent l’honneur de rester dans la Mosquée du Prophète, un endroit considéré par les Musulmans comme le plus sacré des lieux. [11]



Il existe de nombreux autres exemples dans la vie du Messager de Allâh. L’épisode de Ta’if, le traité de Hudaybiyya et beaucoup d’autres événements similaires qui démontrent de manière catégorique le point de vue de l’Islam en ce qui concerne la manière de traiter et de se comporter avec les non-Musulmans.



De même, les Compagnons (Sahaba) du Messager de Allâh ont également traité les non-Musulmans avec tendresse et gentillesse. Ils leur ont donné leurs justes droits et ne les ont jamais opprimés, d’aucune façon.
Ainsi, nous voyons que si l’Islam interdit à ses adeptes d’être très intimes avec les non-Musulmans, dans le même temps, il ne les empêche pas d’être tendres et généreux avec eux. À partir de ces deux principes et des exemples trouvés dans la littérature Islamique, les savants et juristes ont classé l’amitié avec les non-Musulmans en quatre niveaux et étapes :


1) Muwalat ou Mawadda : Il s’agit ici du fait d’avoir des relations étroites et intimes, un amour profond et l’affection du cœur.


Ce type de relation est réservé seulement pour les Musulmans, de ce fait il ne sera pas permis à un Musulman d’avoir ce type d’amitié avec des non-Musulmans. Les versets du Qour’an interdisant aux Musulmans d’entretenir une amitié profonde et étroite avec les non-Musulmans, en particulier le premier verset de la sourate al-Mumtahina, concernent ce genre de relation.


2) Mudarat : Il s’agit ici du fait d’exprimer l’amitié et l’amour seulement extérieurement, sans avoir intérieurement d’amour pour eux et pour leurs croyances. Il s’agit d’une simple expression extérieure de la première étape (muwalat), qui implique d’être agréable, amical, poli et aimable envers les non-Musulmans. Cela consiste à faire preuve de bonnes manières, de courtoisie et à bien se conduire envers les autres êtres humains.
Ce type de relation avec les non-Musulmans est permis, car il est réservé à tous les êtres humains, qu’ils soient Musulmans ou non-Musulmans. Cela devient encore plus important quand l’objectif est de se sauvegarder contre d’éventuels dommages, de convier à l’Islam ou quand il s’agit d’invités. Le verset du Qour’an dans lequel Allâh dit « à moins d’y être contraint par un péril à redouter » se réfère à ce type de relation. Cependant, si l’on craint de corrompre ses valeurs religieuses, alors il ne sera pas autorisé d’entretenir ce type d’amitié avec des non-Musulmans.


3) Muwasat : Il s’agit ici du fait d’aider, d’assister et d’être bon envers les non-Musulmans. Cela comprend l’aide caritative, le soutien, les condoléances, les consolations et soulager du mal, comme donner de l’eau à un non-Musulman ayant soif ou de la nourriture à quelqu’un ayant faim.


Ceci est également autorisé pour toutes les catégories de non-Musulmans, sauf pour ceux qui sont directement en guerre avec les Musulmans. Le verset du Qour’an dans lequel Allâh le Très-Haut dit : « Allâh ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Allâh aime ceux qui sont équitables » se réfère à ce type de relation avec les non-Musulmans.


4) Mu’amalat : Il s’agit ici de commercer, de traiter et d’échanger avec les non-Musulmans. Ceci est également autorisé avec tous les non-Musulmans, sauf avec ceux qui nuisent à l’Islam et aux Musulmans en général. [12]


Ce qui précède illustre clairement la nécessité pour les Musulmans d’être modérés en ce qui concerne leurs interactions avec les non-Musulmans. Malheureusement, certains Musulmans font preuve de démesure, dans un sens comme dans l’autre.
Certains deviennent assez extrêmes dans leur manière de traiter les non-Musulmans, allant jusqu’à considérer tous types de contact avec les non-Musulmans comme péché. Ils sont très agressifs dans leur approche avec les non-Musulmans et ils considèrent les Musulmans ayant une quelconque relation avec les non-Musulmans comme pécheurs.
Cette approche est erronée, comme nous pouvons voir très clairement dans les versets du Qour’an fourni ci-dessus et dans la pratique du Messager d’Allâh et de ses nobles Compagnons (qu’Allâh soit satisfait d’eux tous). Ces personnes doivent prendre conscience que l’Islam ne s’est pas propagé par la force ou l’agression, mais que c’est l’excellent comportement affiché par les Musulmans qui les a convaincus. Beaucoup de grandes personnalités telles que Khalid ibn al-Walid, Amr ibn al-Ass et autres (qu’Allâh soit satisfait d’eux) ont accepté l’Islam quand ils ont observé le comportement spectaculaire du Messager d’Allâh lors du traité d’al-Hudaybiyya. Les gens furent choqués (de manière positive) et étonnés de voir un tel comportement, exprimé même envers les ennemis, ce qui favorisa ensuite leur adhésion à l’Islam.


Aujourd’hui, nous avons une grande opportunité dans la propagation de l’Islam parmi les non-Musulmans. Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour faire Da’awa, mais ce sont les Musulmans qui sont la cause de l’entrée ou non des non-Musulmans dans l’Islam. Les Musulmans doivent s’assurer que leurs mauvaises manières et leur comportement hostile ne soient pas ce qui empêche les gens d’accepter l’Islam. Si nos actions ont pour conséquence d’empêcher à ce que des personnes entrent dans cette belle religion qu’Allâh nous a donné, alors notre responsabilité est engagée et nous devrons en répondre dans l’au-delà.


De l’autre côté, certains Musulmans deviennent si proches et intimes avec des non-Musulmans, qu’il ne reste aucune différence entre la croyance et la mécréance. Dans de nombreux versets, le Qour’an nous a interdit d’aimer dans nos cœurs les non-Musulmans ainsi que leurs croyances. Pourtant, certains Musulmans s’assoient, mangent, vivent et se mêlent aux non-Musulmans, comme si ce n’est pas grave si l’on croit ou non. Ceci constitue l’autre face de l’extrémisme devant également être évité. La vie d’un Musulman a un objectif qui est de vivre une vie conforme aux commandements d’Allâh le Tout-Puissant et de Son Messager bien-aimé, par conséquent, le véritable amour ne peut être donné que pour ceux qui partagent le même but et pas pour ceux qui rejettent cette conception basique de la vie.
Sur la base des explications fournies ci-dessus, nous allons maintenant examiner certaines questions spécifiques relatives aux relations entre les Musulmans et les non-Musulmans :