Leçon 100


De la bataille de Hunayn jusqu'à la fin de la Sîra




Bataille de Hunayn


Par la conquête de La Mecque, l'ensemble des Arabes se placèrent sous l'ombrelle de l'islam et les gens entrèrent en foule dans la religion de Dieu. Pourtant, les deux tribus de Hawâzin et de Thaqîf furent trop infatuées pour céder à la nouvelle puissance. Ils se regroupèrent donc pour faire la guerre aux musulmans en Mecque. Averti de leur alliance, le Prophète sortit à leur rencontre, en tête de douze mille combattants (plus grand effectif jamais mobilisé par le Prophète) A peine les musulmans arrivèrent-ils à la vallée de Hunayn que l'ennemi, déjà stationnaire dans les cols, monta à l'assaut. Un assaut subit et intensif qui surprit les musulmans avant d'organiser leurs rangs, et infligea la défaite à l'avant-garde de l'armée musulmane. Ce fut le chaos dans les rangs musulmans – si nombreux qu'ils fussent – et ils se seraient dispersés, sans l'intervention du Prophète (BP sur lui) : celui-ci chargea son oncle Al-`Abbâs – qui possédait une voix forte - d'appeler les combattants à rester fermes dans leurs positions. Par suite, les musulmans serrèrent les rangs et se mêlèrent au combat. Ce fut alors la défaite écrasante de l'ennemi, au bout de quelques heures. Près de soixante dix furent tués, parmi les combattants de Thaqîf et de Hawâzin. Biens, armes et chameaux : un butin important échut aux mains des musulmans.

Peu après, le Prophète (BP sur lui) mit le cap sur At-Tâ'if, y assiégea la tribu de Thaqîf pour quelque temps puis s'en alla sans la conquérir. Sur le chemin de retour, précisément à Al-Ji`irrâna, le Prophète reçut des délégations de la tribu de Hawâzin qui vinrent le solliciter de rendre leurs femmes et enfants pris en butin par les combattants musulmans. Le Prophète (BP sur lui) répondit alors : "Ce qui fut à moi ou aux fils de `Abd Al-Muttalib, je vous le rends !" A ceci, Emigrés Muhâjirûn et Auxiliaires Ansârs réagirent tous sur l'exemple du généreux Prophète. "Et ce qui fut à nous, dirent-ils, nous le rendons au Prophète !" Ce fut ainsi que les Hawâzin récupèrent tous leurs femmes et leurs enfants.

Le Prophète (BP sur lui) quitta ensuite Al-Ji`irrâna vers La Mecque voulant accomplir une `Umra (petit pèlerinage). Au bout de son rite, Le Prophète regagna Médine six jours avant la fin du mois de dhul-qi`da.

Bataille de Tabûk
Le Prophète (BP sur lui) séjourna ensuite à Médine, jusqu'à la moitié de l'année 9 de l'hégire, lorsque les rumeurs circulèrent sur quelques préparatifs byzantins à Tabûk pour une guerre contre les musulmans. C'était que les Byzantins voulaient sauver leur face après l'incident de Mu'ta (lorsque les musulmans, par leur tactique, les avaient découragés de poursuivre le combat). D'ailleurs, le Prophète (BP sur lui) s'apprêta à les conquérir avec une armée de trente mille combattants. A noter que les musulmans étaient en cette période épuisés par une saison de sécheresse, ce qui ne les fit pas fléchir d'un iota devant l'ennemi. Au demeurant, Abû Bakr fit don de sa fortune entière en aumône publique. Quant à `Uthmân ibn `Affân, il en présenta de grosses sommes. Ainsi, le Prophète (BP sur lui) sortit-il en tête de ses troupes. D'arrivée à Tabûk, et n'y trouvant pas les Byzantins, il stationna pour une dizaine de jours, avant de rentrer finalement à Médine. Il s'agit de la dernière Bataille du Prophète (BP sur lui).

Année des Délégations
Comme déjà noté, l'Appel à l'islam était – à ses débuts – occulte, et ses adeptes, peu nombreux par conséquent. Lorsque l'Appel fut rendu public, le nombre des musulmans se mit à augmenter peu à peu jusqu'à l'autorisation divine au Prophète d'émigrer à Médine. Là, leur nombre s'accrut avec la conversion des Arabes de Médine et ses alentours à l'islam. Toutefois l'Appel n'eut atteint l'ampleur publique espérée qu'après la conclusion de la trêve d'Al-Hudaybiya entre Qoraïchites et musulmans. Cette réconciliation politique fut tenue pour une cause au grand boom de l'Appel de l'islam : les routes furent sécurisées, la correspondance et l'envoi de messagers aux rois et aux tribus furent rendus possibles au Prophète (BP sur lui). Cette période s'enchaîna par la conquête de La Mecque, la conversion à l'islam des poids lourds Qoraïchites et surtout le retentissement des mots du Coran – avec leur subtilité et leur fonds de sagesse – dans les oreilles des Arabes. Ceux-ci virent, sous l'effet du Coran, leurs cœurs d'acier s'adoucir, et par suite commencèrent à se haranguer autour du Prophète (BP sur lui), délégation après délégation. Ce fut plus intensément au cours de l'année 9 de l'hégire. Parmi les délégations les plus marquantes :
- Celle de la tribu de Thaqîf qui vint trouver le Prophète (BP sur lui) au lendemain de son retour de Tabûk, voulant se déclarer musulmans. Ils lui firent des demandes qui furent en partie rejetées, en partie acceptées.
- Celle des chrétiens de Najrân, qui se contentèrent de s'engager à payer le tribut (jizya) sans abandonner leur religion.
- Celle des Banû Fazâza qui allèrent trouver le Prophète après s'être convertis à l'islam.
- Celle des Banû Tamîm, essentiellement constituée des notables de la tribu. A leur arrivée à la porte, ils l'appelèrent à haute voix de derrière l'appartement. Une course littéraire fut ensuite lancée entre les poètes et orateurs de la délégation et ceux des musulmans. Course au bout de laquelle les délégués embrassèrent l'islam et rentrèrent enfin chez eux.
- Celle des Banû Sa`d ibn Bakr, présidée par Dammâm ibn Tha`laba. Le chef de la délégation posa un tas de question au Prophète (BP sur lui) ; et après en avoir reçu les réponses, il se soumit à l'islam et retourna aux siens. Ceux-ci ne tardèrent pas à embrasser tous l'islam que leur délégué vint prêcher.
- Celle de la tribu de Kinda, présidée par Al-Ach`ath ibn Qays. Les délégués professèrent la foi musulmane après avoir écouté les débuts de la sourate As-Sâfât (Les Rangés, no 37)
- Celle des Banû `Abd Al-Qays ibn Rabî`a, des chrétiens qui se convertirent tous à l'islam
- Celle des Banû Hanîfa ibn Rabî`a qui devinrent musulmans. Parmi eux se trouvait Musaylima ibn Hanîfa, surnommé plus tard "l'Imposteur", puisqu'il s'était prétendu prophète après le passage du Prophète Mohammed à l'au-delà.
- Celle des Tayyi' de Qahtân, présidée par Zayd Al-Khayl et convertie à l'islam.
- Celle des Banû Al-Harith ibn Ka`b dont les délégués étaient venus musulmans. Khâlid ibn Al-Walîd en faisait partie.

Outre, plusieurs autres délégations se rendirent au Prophète, délégations représentant les diverses tribus dont les Banû Asad, les Banû Muhârib, les Hamadân, les Ghassân et autres ; les uns déjà musulmans, les autres venus pour se le déclarer. De plus, des messagers des rois himyarites et autres virent trouver le Prophète pour lui communiquer la soumission à l'islam de leurs souverains.

C'était ainsi que les gens affluèrent vers la religion d'Allah, si nombreux que les musulmans en compagnie du Prophète pendant le pèlerinage d'Adieu en 10 de l'hégire étaient au nombre de cent mille pèlerins. Il va sans dire que le nombre des musulmans non témoins de ce pèlerinage dépassait de loin celui des musulmans qui y avaient assisté:
]æÇááå íÄíÏ ÈäÕÑå ãä íÔÇÁ Åä Ýí Ðáß áÚÈÑÉ áÃæáí ÇáÃÈÕÇÑ[ [Âá ÚãÑÇä 13]
« Or Allah secourt qui Il veut de Son aide. Voilà bien là un exemple pour les doués de clairvoyance! » (Âl `Imrân La Famille de `Imrân, 3:13)


Le pèlerinage d'Adieu
Une fois rentré de Tabûk, Le prophète (BP sur lui) envoya Abû Bakr As-Siddîq à La Mecque pour diriger le pèlerinage des musulmans. C'était au cours du mois de dhul-qi`da de l'année 9 hégirienne. L'année suivante, en fin de dhul-qi`da, le Prophète lui-même se dirigea vers La Mecque pour le grand pèlerinage, en tête d'une foule énorme. Il entra en sacralisation et, démarrant sur le dos de sa chamelle, il s'exclama : "Me voilà, Seigneur, me voilà répondant à Ton Appel ! Certes, Tu n'as point d'associés, me voilà ! A toi appartiennent les louanges, le bienfait et la souveraineté. Tu n'as point d'associés." Le Prophète (BP sur lui) poursuivit sa progression jusqu'à son entrée en Mecque, dimanche matin, le 4 dhul-qi`da, du côté des cols de Kadâ'. Il fit sept tournées (tawâf) autour de la Ka`ba, toucha la Pierre Noire, fit une prière de deux rak`a auprès de Makâm Ibrâhîm, but de l'eau de Zamzam, et enfin accomplit le parcours entre As-Safâ et Al-Marwa sept fois sur sa monture. Le 8 dhul-hijja, il se dirigea vers Mina et y passa la nuit.

Le 9 dhul-hijja, le Prophète mit le cap sur `Arafa où il donna son célèbre discours connu sous le nom du "Sermon d'Adieu". Un discours auquel il préluda par la louange du Très-Haut ; ensuite : "Ô vous les gens, écoutez ce que je vais vous dire avec attention, peut-être que je ne vous reverrai plus après cette année (...) Ô vous les gens, Votre sang, vos biens et vos réputations doivent être aussi sacrés pour vous que votre jour que voici, que votre mois que voici et que votre pays que voici. Tout dépositaire doit restituer le dépôt à son propriétaire (…) Ô vous les gens, vos femmes ont un droit envers vous, comme vous avez un droit envers elles. Votre droit, c'est qu'elles ne laissent entrer quelqu'un d'autre dans vos lits ; qu'elles n'introduisent dans vos foyers quelqu'un que vous méprisez, sans permission et qu'elles ne commettent point la fornication. Ô vous les gens, les Croyants sont frères ! Les biens de ton frère te sont interdits, sinon offerts de bon gré. Ne redevenez pas, après moi, des incrédules en vous entretuant. Voilà que je laisse parmi vous ce qui vous empêcherait de s'égarer si jamais vous y teniez, à savoir : le livre d'Allah. Ai-je communiqué ma mission ?... Ô Allah, sois en témoin ! (…) Ô vous les gens ! En vérité, votre Seigneur est Un, et votre ancêtre est un : vous descendez tous d’Adam et Adam a été (créé) de terre. Le plus digne d’entre vous auprès de Dieu est celui qui Le craint le plus. Aucun Arabe n’a de supériorité sur un non-Arabe : vous ne vous surpassez que par la piété. Ai-je communiqué ma mission ?... Ô Allah, sois en témoin ! Que le présent de vous en avise l'absent ! ”

Le grand sermon du Prophète aborda plusieurs autres principes et enseignements divins. Et ce fut pendant ce jour de `Arafa que le Prophète reçut la révélation du verset :
]Çáíæã ÃßãáÊ áßã Ïíäßã æÃÊããÊ Úáíßã äÚãÊí æÑÖíÊ áßã ÇáÅÓáÇã ÏíäÇ[[ÇáãÇÆÏÉ 3]


“ Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous. (Al-Mâ'ida LA TABLE SERVIE : 3)


Le Messager (BP sur lui) s'acquitta ensuite des rites du pèlerinage : jet des pierres, immolation de l'offrande, rasage de la tête et tournées de tawâf. Il séjourna en Mecque pendant dix jours au bout desquels il regagna définitivement Médine.

Maladie du Prophète (BP sur lui) et sa mort
Au début de safar de l'année 11 de l'hégire, une fièvre atroce prit le Prophète (BP sur lui). Treize jours durant, le noble fiévreux se déplaçait d'une demeure d'épouse à l'autre. Mais lorsque la maladie s'aggrava encore, il sollicita ses épouses d'être soigné chez `Â'icha, et reçut leur accord. Sortir faire la prière à la mosquée lui étant devenu impossible, le Prophète (BP sur lui) enjoignit : "Demandez à Abû Bakr de diriger la prière des musulmans en commun !" Et lorsque les Ansârs (Auxiliaires) s'apercevaient de la gravité de l'état du Prophète, ils encerclaient la mosquée prophétique, dévorés par l'inquiétude. Là, la tête bandée, le Prophète (BP sur lui) sortit les voir en titubant, appuyé sur les bras de `Alî et Al-Fadl, les trois devancés par Al-`Abbâs ; ils avancèrent jusqu'aux gradins du minbar où le Prophète (BP sur lui) finit par s'asseoir. La foule se groupa aussitôt autour de leur Prophète aimé qui, après avoir loué Allah, s'adressa à eux en ces mots: "Ô vous les gens ! J'ai appris que vous craignez la mort de votre Prophète. Mais y a-t-il un prophète avant moi qui ait resté à jamais parmi son peuple, pour que je reste moi-même parmi vous ? Voici que je les rejoins ; ensuite vous me rejoindrez ! Que vous soyez bienveillants envers les premiers Emigrés (Muhâjirîn) ; et que les Emigrés soient bienveillants les uns envers les autres ! (…) Me voici passant devant vous ; et vous devez me succéder. Votre rendez-vous, c'est auprès du Bassin. Quiconque désire s'y rendre demain à ma rencontre doit retenir sa main et sa langue, autant que possible. "

A l'aube du lundi, 13 rabî`-awwal, et au cours de la prière des musulmans dirigée par Abû Bakr (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ouvrit le rideau de la demeure de `Â'icha, regarda les fidèles en rangs de prière et sourit. Pensant que le Prophète voudrait peut-être sortir les rejoindre, Abû Bakr recula vers le rang derrière. La prière aurait été gâchée par la joie des fidèles, émus à l'apparition de leur Prophète chéri (BP sur lui), si ce n'était un geste de sa main aux musulmans de terminer la prière. Il rentra dans la chambre et baissa le rideau. C'était le moment d'agonie : la tête dans le giron de sa femme `A'icha, le Prophète dit : "Seigneur, vers le Compagnon suprême !" Avant la fin de la matinée de ce jour, le Prophète (BP sur lui) quitta ce bas-monde et rejoignit son Seigneur, à Lui la Toute-puissance et la Gloire.

En ces moments, Abû Bakr ne fut pas présent aux alentours de la maison de `Â'icha. Lorsqu'il arriva peu après, et apprit la nouvelle, il entra chez le noble défunt, découvrit son visage, et se mit à l'embrasser en pleurant. "Que les Bénédictions d'Allah soient sur toi, Ô Messager d'Allah ! Que tu es bon, et vivant et mort !" dit-il. Ensuite, il sortit auprès de la foule endeuillée et s'écria ; "Quiconque adorait Mohammed, voilà que Mohammed est mort. Mais quiconque adorait Allah, certes Allah est vivant et ne meurt jamais !"

Le corps du feu maître resta déposé dans sa maison tout au long du lundi, et jusqu'au mardi soir lorsque les musulmans finirent de désigner le chef successeur (calife). On se livra ensuite aux rites du bain mortuaire et de l'inhumation. Le corps béni du Prophète fut lavé par `Alî ibn Abî Tâlib, aidé par Al-`Abbâs et ses deux fils Al-Fadl et Qathm, sans oublier les deux servants du Prophète (BP sur lui) : Usâma ibn Zayd et Chuqrân. Le Prophète fut ensuite enveloppé dans trois linceuls, sans chemise ni turban, puis déposé sur son lit. Les gens pénétrèrent dans la demeure prophétique pour s'acquitter de la prière funèbre individuellement sans imam. La tombe fut enfin creusée, au même endroit où le Prophète (BP sur lui) trouva la mort dans la demeure de `Â'icha. Après avoir humidifié la tombe, `Alî, Al-`Abbâs et les deux fils de ce dernier firent descendre le noble corps dans la tombe qui s'éleva au bout de l'opération d'un empan au dessus du sol.

A noter que le Prophète vécut pendant 63 ans, dont 53 en Mecque, et 10 à Médine. Que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui.

Portrait du Prophète (BP sur lui)
Le Messager de Dieu était doté d'un physique agréable, d'un teint blanc rougeâtre. Son visage rayonnait telle la pleine lune. Il avait une tête grande mais proportionnée au reste de ses membres ; des cheveux ondulés qui ne dépassaient pas en longueur les lobes de ses oreilles ; en plus d'un front large et de sourcils bien rangés, courbés et séparés. Au milieu de son nez, il y avait une légère saillie assez courte. Sa bouche était ni trop petite ni trop grande, ses dents étaient fines et séparées, et ses joues aplaties. Il avait la barbe touffue, le cou beau, la poitrine ample et les épaules espacées. Une ligne de poils descendait de la poitrine jusqu'au nombril ; des poils couvraient en outre ses bras, ses épaules et le haut de sa poitrine.

Il était d'une corpulence normale, ni gros ni maigre, sans trop de chair. Ses poignets étaient longs, ses paumes larges, ses mains et pieds charnus. Il avait les plantes de pieds bien creuses, sans rides ni fissures ; ce qui explique la rapide disparition de l'eau de ses pieds lavés.

Il était de taille moyenne, ni grand ni petit. En marchant, il levait activement ses pieds et faisait de grands pas, tout en gardant une allure pondérée ; prudent comme s'il descendait d'une pente. Son regard était le plus souvent dirigé vers le bas que vers le haut. En tout cas, l'observation dominait son regard. Lorsqu'il se tournait, c'était de tout son corps ; et lorsqu'il marchait avec ses compagnons, il retardait un peu ses pas. A la rencontre de quelqu'un, il prenait l'initiative de saluer.

Coup d'œil sur l'éthique et le noble caractère du Prophète (BP sur lui)
Nous nous sommes attardés dans le présent abrégé sur les grandes lignes de la vie du Messager d'Allah (BP sur lui). Nous avons mis en lumière ses efforts pour communiquer aux hommes l'appel du Seigneur, et sur les difficultés qu'il avait dû braver en vue de guider les créatures vers le chemin de la vérité.
Reste un petit mot sur son caractère singulier et sa noble et louable éthique ; nous en parlerons dans l'espoir d'être guidés par le Très-Haut vers une parfaite application de ce modèle très apprécié.
En fait, Allah – Exalté soit-Il – associa à Son Prophète la perfection de l'être et du paraître. Ainsi, trouve-t-on à côté de sa belle mine, sa constitution équilibrée, sa propreté et son agréable odeur, une pureté physique et morale, un équilibre gestuel et un bon caractère. Des nécessités de vie (nourriture, sommeil, …) il ne prenait que ce dont il avait besoin. Il était doté d'un esprit fécond et brillant, d'une sensorialité puissante, sans compter l'éloquence et l'expressivité. Son indulgence et sa vigilance ne faisaient pas de doute ; mais seules les transgressions des enseignements divins le mettaient en colère. Le Prophète ne se vengeait pas ; il ne frappa de sa main sauf pour mener le combat dans le sentier d'Allah ; et pourtant un enfant ou une femme n'étaient jamais pris en cible.

Le Prophète (BP sur lui) était courageux et hospitalier, sans personne craindre, ni jamais s'enfuir. Il était d'une générosité exceptionnelle : générosité tant de l'âme que de la main.
Le Prophète (BP sur lui) était en outre d'une pudeur inégalable. Personne n'avait autant de souci à se faire pour respecter l'intimité des autres. Il ne parlait jamais devant quelqu'un d'une chose que celui-ci aurait détestée. Le Prophète ne fut jamais immoral ni grossier, ni tapageur dans les marchés. Il ne dénonçait pas les autres, ni ne rendait la pareille aux outranciers : la tolérance dominait son caractère.

Il était bienveillant, poli, magnanime, d'un visage riant, d'un abord gracieux et d'une extrême clémence. Il élevait à son rang l'homme d'honneur dans chaque tribu, et le désignait à la tête des siens. Il se méfiait un peu des gens, mais sans jamais leur tourner le dos. Il faisait preuve de modestie, sans dévaluation. Ses Compagnons, il se rassurait souvent sur leur santé ; les gens assis avec lui, il donnait à chacun sa part d'attention et d'estime ; les gens venus pour négocier, il veillait à rester patient avec eux, jusqu'à ce qu'ils finissent par quitter. Quiconque lui demandait quelque chose, s'en allait soit avec ce qu'il voulait, soit avec une réponse confortable. Sa grandeur d'âme embrassait tout le monde : et ce fut ainsi qu'il devint un père pour tout le monde, et que les gens devinrent pour lui tous égales devant les droits.
En rejoignant une assemblée, le Prophète – BP sur lui- s'asseyait dans la place vide la plus proche.

Il répondait favorablement à l'invitation, même de la part d'un(e) esclave. Il acceptait les cadeaux, ne fût-ce un os de la patte d'un mouton, et offrait lui-même des cadeaux en contre partie !
Il se mêlait à ses compagnons et échangeait avec eux les conversations. Il plaisantait des fois avec eux, sans jamais mentir. Si quelqu'un d'eux tombait malade, il lui rendrait visite.

Le Prophète (BP sur lui) se caractérisait surtout par la loyauté, la fidélité aux engagements, la justesse, l'honnêteté, la chasteté, la véracité et l'esprit chevaleresque.
Le Prophète (BP sur lui) témoignait surtout d'un grand respect de soi, d'une imposante gravité et d'attachement aux bonnes manières.

Sa singularité exceptionnelle fut notamment celle de la crainte du Seigneur – Exalté soit-il – et la sincérité à Lui rendre le culte. Que la Paix, les Bénédictions et les honneurs soient accordés à Mohammed, le Messager d'Allah.