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Leçon 91
Le préjudice subi par les musulmans
Les Qoraïchites harcèlent le Prophète (BP sur lui)
Reconnaissant leur échec à faire renoncer Abû Tâlib à soutenir et à protéger son neveu (BP sur lui) et réalisant – pire encore – le ralliement d'autres figures à lui, les Qoraïchites ne purent - face un islam en expansion et à un nombre de croyants en croissance – que recourir à la voie de la persécution. Ils incitèrent les insensés de la tribu à faire du Prophète leur cible de moqueries et de harcèlement, notamment lorsqu'il se rendait à la prière auprès de la Ka` ba. Une fois, Abû Jahl tenta de casser le crâne au Prophète (BP sur lui) lorsqu'il était prosterné ; mais Allah – le Très Haut – protégea Son Messager : à son approche, Abû Jahl sentit ses forces le trahir, puisque le rocher qu'il emportait à cette fin tomba de ses mains. Là, il retourna retrouver les siens, couleur blême, en s'écriant : "Je fus surpris par un cheval du jamais vu qui voulait me dévorer !"
Au reste, il monta contre le Messager (BP sur lui) un autre infidèle : `Uqba ibn Abî Mu`ayt. Celui-ci devrait guetter le moment de la prosternation du Prophète en prière pour lui jeter sur le dos les entrailles d'une chamelle. Ce fut fait. Aucun musulman n'osa alors en débarrasser le Prophète (BP sur lui), jusqu'à l'arrivée de sa fille Fâtima qui s'empressa de mettre les déchets de côté.
Ce libertin de Abû Jahl défendait au Prophète de faire la prière auprès de la Ka`ba. Une fois qu'il le vit en train de prier, il se révolta : "N'est-ce pas que je te l'ai défendu ?" A ceci le Prophète réagit avec un ton ferme et menaçant. "Tu me menaces, reprit Abû Jahl, moi qui tient le salon le plus fréquenté de cette vallée ?! (marque du haut rang dans sa tribu)" Suite à cet incident, Allah le Très-Haut fit descendre :
]ßáÇ áÆä áã íäÊå áäÓÝÚÇ ÈÇáäÇÕíÉ* äÇÕíÉ ßÇÐÈÉ ÎÇØÆÉ *ÝáíÏÚ äÇÏíå *ÓäÏÚ ÇáÒÈÇäíÉ * ßáÇ áÇ ÊØÚå æÇÓÌÏ æÇÞÊÑÈ [ [ÇáÚáÞ19-15]
« Mais non! S'il ne cesse pas, Nous le saisirons certes, par le toupet, le toupet d'un menteur, d'un pécheur. Qu'il appelle donc son assemblée. Nous appellerons les gardiens (de l'Enfer). Non! Ne lui obéis pas; mais prosterne-toi et rapproche-toi. » (Al-`Alaq L'adhérence 96 : 15 à 19)
Alors que le Prophète (BP sur lui) priait dans l'Enceinte de la Ka`ba vint le libertin `Uqba ibn Abî Mu`ayt, enroula son vêtement autour du cou du Prophète et le lui serra rudement pour l'étouffer. Aussitôt, Abû Bakr As-Siddîq arriva et repoussa l'homme loin du Prophète en disant :
]ÃÊÞÊáæä ÑÌáÇ Ãä íÞæá ÑÈí Çááå [ [ÛÇÝÑ[ 28
« Tuez-vous un homme parce qu'il dit: "Mon Seigneur est Allah?" Alors qu'il est venu à vous avec les preuves évidentes de la part de votre Seigneur » (Ghâfir Pardonneur 40 : 28)
Une fois, un bédouin recourut au club Qoraïcheite pour se plaindre de Abû Jahl qui lui devait une dette mais atermoyait. "Celui qui rétablira ton droit, c'est Mohammad !" dirent les Qoraïchites voulant ainsi attiser la tension entre le Prophète (BP sur lui) et Abû Jahl. L'homme alla ensuite trouver le Prophète (BP sur lui) et lui demanda son intercession auprès de Abû Jahl. Le Prophète acquiesça et se leva pour accompagner le bédouin. Devant la maison de Abû Jahl, il frappa à la porte. "Qui est-ce ?" – "Mohammed". Abû Jahl sortit tout pâle. "Donne à cet homme son dû !" réclama le Prophète. Et Abû Jahl de répondre : "Attends que je te l'apportes !" Il restitua au bédouin sa somme immédiatement. Plus tard, quelques Qoraïchites étonnés par la lâcheté imprévue de leur ami, et vexés par ce détour loin de leur stratagème, lui demandèrent des clarifications. "Par Dieu ! expliqua Abû Jahl, le frappement à la porte produisait un bruit effrayant ! Puis, j'ai vu derrière lui un chameau vigoureux qui ne ressemble à aucun autre chameau !"
Abû Lahab avait beau être l'oncle du Prophète (BP sur lui), il s'acharnait le plus rudement contre lui. Voisins, Abû Lahab et son épouse prirent l'habitude de jeter les ordures devant la porte de la maison du Prophète.
Parmi les persécuteurs figuraient :
- Al-`Âs ibn Wâ'il As-Sahmî (des Banû Sahm), père de `Amr ibn Al-`Âs
- Al-Aswad ibn `Abd Yaghûth Az-Zuhrî (des Banû Zuhra, oncles maternels du Prophète)
- Al-Aswad ibn Al-Muttalib Al-Asadî (des Banû Asad), cousin paternel de notre dame Khadîja, épouse du Prophète (BP sur lui)
- Al-Walîd ibn Al-Mughîra, oncle de Abû Jahl
- An-Nadr ibn Al-Hârith Al-`Abdarî (des Banû `Abd Ad-Dâr)
A noter qu'aucun d'eux ne s'était converti à l'islam ; Allah – le Très-Haut – les avait fait tous périr en mécréants : soit tués dans la bataille de Badr, soit torturés par les maladies les plus virulentes. Certes, Allah est Puissant, Détenteur du pouvoir de punir.
Entre temps, entra en islam Hamza ibn `Abd Al-Muttalib, oncle du Prophète (BP sur lui). Indigné par les critiques que lui avaient adressées quelques femmes esclaves sur sa lâcheté face aux outrages de Abû Jahl contre son neveu (BP sur lui), Hamza alla trouver Abû Jahl le libertin et l'admonesta furieusement : "Comment oses-tu insulter Mohammed, moi étant adepte de sa religion ?!" Ce fut ainsi qu'Allah illumina la conscience de Hamza et le fit entrer dans le giron de l'islam. Cet homme devint ensuite l'un des musulmans les plus obstinés face aux ennemis de l'islam, au point de mériter le surnom de "Le Lion d'Allah".
Les offres Qoraïchites de renoncer à la prédication
Réalisant que la voie de la persécution déboucherait sur une impasse, les infidèles Qoraïchites se réunirent pour concerter sur de nouvelles manoeuvres susceptibles de détourner Mohammed (BP sur lui) de ses desseins. Ils convinrent de déléguer `Utba ibn Rabî`a Al-`Abchamî (des Banû `Abd-Chams), leur notable haut placé, à la rencontre du Prophète (BP sur lui) avec des propositions à même de l'inciter à laisser aller.
De fait, il alla voir le Prophète (BP sur lui) faisant sa prière à la mosquée, et lui dit : "Ô neveu ! Tu fais partie de notre élite, pour ton rang élevé et ta lignée de famille. Pourtant, tu entraînes les tiens dans une affaire imposante. Par elle, tu as rompu leur union, traité de décalé leur raisonnement et dénoncé leurs divinités, religion et aïeux. Si tu en veux de l'argent, nous prélèverons de nos biens de quoi te rendre plus riche que nous. Si tu en veux du prestige, nous t'élirons à notre tête et n'adopterons de décision sans te consulter. Si tu en veux de la souveraineté, nous te ferons roi sur nous. Si c'était un souffle de djinn irrésistible qui te traverse, nous aurons recours à la médecine et nous n'épargnerons pas un sou pour te voir guéri."
A peine finit-il que le Prophète (BP sur lui) récita devant lui la sourate Fussilat. A l'écoute du verset :
]ÝÅä ÃÚÑÖæÇ ÝÞá ÃäÐÑÊßã ÕÇÚÞÉ ãËá ÕÇÚÞÉ ÚÇÏ æËãæÏ[[ÝÕáÊ 13]
« S'ils s'en détournent, alors dis-leur; "Je vous ai avertis d'une foudre semblable à celle qui frappa les `Ad et les Thamoûd" (Fussilat Détaillés 41 : 13)
`Utba ferma au Prophète sa bouche et le pria de stopper. Puis de retour aux siens, il les avertit : "Ô gens de Qoraïche ! J'ai entendu du jamais entendu. Par Dieu ! Ce n'est ni de la poésie, ni de la divination, ni de la magie. Ecoutez-moi et restez loin de l'homme ! Par Dieu ! Les paroles qu'il tient et que j'ai entendues seront certes retentissantes. Si jamais les tribus arabes l'attaquaient, vous n'auriez plus à lui faire front, et s'il le remportait sur elles, sa gloire serait alors la vôtre." Mais `Utba fut frappé par leur réaction : "Voilà que Mohammed t'a ensorcelé !"
Le présent truc s'avérant inefficace, les Qoraïchites recoururent à un autre. Ils proposèrent au Prophète (BP sur lui) de leur partager leur culte par moments, en échange de leur participation à son culte par moments. Une proposition après laquelle fut révélée la sourate :
]Þá åæ Çááå* ÃÍÏ Çááå ÇáÕãÏ* áã íáÏ æáã íæáÏ[ÇáãÓÏ 1-3] [
« Dis: "Ô vous les infidèles! Je n'adore pas ce que vous adorez. Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore. » (Al-Kâfiroûn Les Infidèles 109 : 1 à 3)
Déçus, ils finirent par réclamer au Prophète l'omission des passages coraniques qui les enragent, passages surtout anti-idolâtriques ou menaçants. Allah – le Très Haut – fit alors descendre :
]ãÇ íßæä áí Ãä ÃÈÏáå ãä ÊáÞÇÁ äÝÓí Åä ÃÊÈÚ ÅáÇ ãÇ íæÍì ÅáíÈ] [íæäÓ 15]
« … Il ne m'appartient pas de le changer de mon propre chef. Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé… » (Yûnûs Jonas 10 : 15)
A nouveau désorientés, les Qoraïchites se tournèrent contre Mohammed en lui demandant l'impossible : " Si tu disais vrai, fais-nous voir un signe à notre demande ! Que la lune soit fendue !" Ce signe eut beau survenir par intervention divine, ils campèrent sur leur intransigeance, faisant au Prophète davantage de requêtes opiniâtres, telles:
]æÞÇáæÇ áä äÄãä áß ÍÊì ÊÝÌÑ áäÇ ãä ÇáÃÑÖ íäÈæÚÇ* Ãæ Êßæä áß ÌäÉ ãä äÎíá æÚäÈ ÝÊÝÌÑ ÇáÃäåÇÑ ÎáÇáåÇ ÊÝÌíÑ* Ãæ ÊÓÞØ ÇáÓãÇÁ ßãÇ ÒÚãÊ ÚáíäÇ ßÓÝÇ
Ãæ ÊÃÊí ÈÇááå æÇáãáÂÆßÉ ÞÈíáÇ* Ãæ íßæä áß ÈíÊ ãä ÒÎÑÝ Ãæ ÊÑÞì Ýí ÇáÓãÇÁ æáä äÄãä áÑÞíß ÍÊì ÊäÒá ÚáíäÇ ßÊÇÈÇ äÞÑÄå [ [ÇáÅÓÑÇÁ 90-92]
« …Nous ne croirons pas en toi, jusqu'à ce que tu aies fait jaillir de terre, pour nous, une source; - ou que tu aies un jardin de palmiers et de vignes, entre lesquels tu feras jaillir des ruisseaux en abondance; - ou que tu fasses tomber sur nous, comme tu le prétends, le ciel en morceaux; ou que tu fasses venir Allah et les Anges en face de nous;- ou que tu aies une maison (garnie) d'ornements; ou que tu sois monté au ciel. Encore ne croirons-nous pas à ta montée au ciel, jusqu'à ce que tu fasses descendre sur nous un Livre que nous puissions lire"
(Al-'Isrâ' Le Voyage Nocturne 17 : de 90 à 93)
A ceci, les réponses du Prophète étaient d'inspiration divine :
]Þá ÓÈÍÇä ÑÈí åá ßäÊ ÅáÇ ÈÔÑÇ ÑÓæáÇ] [ÇáÅÓÑÇÁ 93]
« Dis-(leur): "Gloire à mon Seigneur! Ne suis-je qu'un être humain-Messager?"
(Al-'Isrâ' Le Voyage Nocturne 17 : 93)
Les Qoraïchites avaient, parut-il, la main malheureuse en lutte diplomatique ; ils renouèrent ainsi avec la violence contre le Messager d'Allah et les fidèles musulmans, violence par tout moyen possible.
Les persécutions contre les Croyants
Les sévices qu'avait connus le Prophète (BP sur lui) pour rendre public l'Appel à l'islam furent de même subis par ses Compagnons. En fait, chaque tribu maltraitait ceux de ses membres qui eurent choisi l'islam. Ce ne fut qu'avec belle endurance que les persécutés s'accrochaient à leur religion, tout fermes dans leur foi, jusqu'à l'accomplissement des desseins divins.
Pour la cause d'Allah, de nombreuses figures subirent la persécution, telles :
- Bilâl ibn Rabâh, esclave de 'Umayya ibn Khalaf Al-Jumahî (des Banû Jumah). Celui-ci nouait une corde autour du cou de son esclave et l'abandonnait aux gamins pour en jouer. Outre, 'Umayya emmenait Bilâl en pleine canicule et fit mettre un rocher des plus énormes sur sa poitrine. Plus tard, maître 'Abû Bakr As-Siddîq acheta Bilâl et l'affranchit, pour l'amour du grand Seigneur, exalté soit-Il.
- `Âmir ibn Fuhayra : cet esclave de Safwân ibn 'Umayya subissait des supplices à lui faire perdre le sens. Ce fut encore 'Abû Bakr As-Siddîq qui l'acheta, avant de l'émanciper.
- Zinnîra : une femme esclave qui fut tourmentée au point de perdre sa vue. Pourtant, cette perte ne fit qu'accroître sa foi. Puisse Allah l'agréer.
- `Ammâr ibn Yâssir et sa famille : `Ammâr, son frère, son père et sa mère furent torturés tous par le feu. On rapporte que le Prophète (BP sur lui) passa par eux au moment de leur supplice et dit : "Patience, famille de Yâssir ! Votre rendez-vous, c'est au Paradis !" Le père et la mère de `Ammâr succombèrent au supplice. Quant à `Ammâr, il fut libéré après avoir déclaré son renoncement à l'islam. Mesure de façade dont fit mention la parole divine :
)ÅöáÇóø ãóäú ÃõßúÑöåó æóÞóáúÈõåõ ãõØúãóÆöäñø ÈöÇáÅöíãóÇäö( [ÇáäÍá 106]
« Quiconque a renié Allah après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi – … » (An-Nahl Les Abeilles 16 : 106)
En somme, nulle personne parmi les premiers musulmans ne fut épargnée à quelque tort, pour avoir cru au Seigneur, que Son Nom soit exalté. Ceci dit, les torts subis n'entraînaient que raffermissement accru des Croyants dans leur choix. Ces mots résumaient leur position à merveille :
]óÍóÓúÈõäÇ Çááåõ æäöÚúãó Çáæßíá[ (Âá ÚãÑÇä 173)
« Allah nous suffit; Il est notre meilleur garant » (Âl `Imrân La Famille de `Imrân 3 : 173)
Touché par les injustices faites à ses disciples, injustices qu'ils furent incapables de réparer soit pour leur peu de nombre, soit pour leur manque de potentiel, le Prophète (BP sur lui) proposa aux Compagnons d'émigrer vers l'Abyssinie ; pourvu qu'Allah ouvrît une issue à leur impasse. Dix hommes et cinq femmes se déplacèrent alors en direction de l'Abyssinie, maître `Uthmân ibn `Affân et son épouse Ruqayyâ, fille du noble Prophète (BP sur lui) furent en tête des émigrés qui passèrent là-bas trois mois puis rentrèrent en Mecque, en escorte fournie par quelques notables consentant à leur accorder protection.
Entre temps, `Umar ibn Al-Khattâb embrassa l'islam, âgé alors de 26 ou 27 ans. Là, chez les infidèles Qoraïchites, on disait : "Aujourd'hui, les gens (les musulmans) atteignent la moitié de notre nombre !"
Les stratégies s'épuisaient. Les Qoraïchites suggérèrent alors aux Banû `Abd Manâf , la grande famille du Prophète, une double rançon contre son extradition. Mais les Banû `Abd Manâf rejetèrent l'offre. Une proposition fut ensuite faite à Abû Tâlib, l'oncle du Prophète, d'adopter un jeune Qoraïcheite à la place de Mohammed qu'il devrait livrer aux chefs de Qoraïche. Or, Abû Tâlib refusa et dit : "Bizarre ! Vous me donnez votre fils que je le nourris pour vous ; et je vous donne le mien que vous le tuez!"
Assez d'astuces, et de préjudices : voici les Qoraïchites à nouveau les épaules haussées face au Prophète (BP sur lui) et aux Croyants. Ils convinrent à boycotter les Banû `Abd Manâf pour les chasser de La Mecque. Point d'échanges – ni vente ni achat – avec eux jusqu'à ce qu'ils leur remettent Mohammed pour être liquidé. Les Qoraïchites rédigèrent à ce sujet un "Feuillet" et l'accrochèrent à l'intérieur de la Ka`ba, comme gage de fidélité à cet engagement. Les Banû `Abd Manâf – croyants soient-ils ou incrédules – recoururent à Abû Tâlib et le rejoignirent dans les cols montagneux. Mais les infidèles Qoraïchites les assiégèrent là-bas. Et le blocus s'étendit sur trois ans au bout desquelles s'épuisèrent toutes les provisions des Banû `Abd Manâf, au point de ne trouver que les feuilles d'arbre à manger.
L'émigration vers l'Abyssinie
Eprouvé par le blocus, le Prophète (BP sur lui) conseilla à ses Compagnons d'émigrer vers l'Abyssinie. Ils furent quatre-vingt-trois hommes, dix-sept femmes épouses, en plus de leurs enfants ; tous appartenant aux sous-tribus de Qoraïche. Ces émigrés restèrent là-bas jusqu'après la levée du siège du Prophète (BP sur lui) et des Banû `Abd Manâf dans les cols.
Le Négus, le roi d'Abyssinie, était réputé pour son équité. De fait, il fut plein d'égards et d'hospitalité envers les émigrés musulmans, leur accordant la liberté religieuse. La nouvelle parvenue aux Qoraïchites, ils expédièrent une délégation au Négus, avec des cadeaux et pour lui et pour ses patriarches. Objectif : convaincre le Négus de renvoyer les émigrés chez eux et leur interdire le séjour sur le territoire abyssin. Insensible à leurs demandes, il convoqua les émigrés musulmans à un débat pour s'enquérir sur le type de religion qu'ils confessaient. Ja`far ibn Abî Tâlib prit la parole. Il lui décrivit ce que furent ses compagnons avant d'être musulmans et mit en exergue les valeurs que l'islam vint apporter : renoncement à l'idolâtrie, adoration du Dieu un et unique, appel aux bonnes moralités… etc. Ensuite, il récita les débuts de la sourate Maryam, relatant l'histoire de la naissance du Messie Jésus, fils de Marie. "Mais cela ressemble bien à ce que prêchait Jésus !" s'exclama le Négus qui lui demanda comment Jésus était réellement vu par l'islam, loin des allégations Qoraïchites. Ja`far dit alors : "On dit à son compte ce que notre Prophète dit : Jésus est le Serviteur d'Allah, Son Messager, Son Souffle et Sa parole qu'Il envoya à la vierge Marie" – "Certes, Jésus fils de Marie n'en dit pas plus !" commenta le Négus qui reprit, en s'adressant aux émigrés : "Allez-y ! Vous êtes en sécurité !" Avec leurs cadeaux rendus, les délégués Qoraïchites retournèrent chez les leurs, désillusionnés.
On rapporte que Abû Bakr As-Siddîq fut enclin à émigrer vers l'Abyssinie sous le poids des persécutions des siens. Mais à la rencontre de Ibn Ad-Dughna, le grand notable, celui-ci s'exclama :"Un homme comme toi ne quitte pas, Abû Bakr ! Je t'accorderai ma protection !" D'ailleurs, Ibn Ad-Dughna fit le tour de la tribu de Qoraïche en disant : "Quelqu'un comme Abû Bakr ne quitte pas ! Ferez-vous sortir un homme qui donne au sans-le-sou, entretient ses proches, emporte les fardeaux et prête main forte pour rétablir les droits ?!" A ceci, les Qoraïchites ne purent qu'accepter le parrainage de cet homme à haute estime, Ibn Ad-Dughna. Abû Bakr resta alors chez soi, adorant son Seigneur unique. Il fit construire plus tard une petite mosquée dans sa demeure, où il faisait ses prières et récitait le Coran. Furent donc portés sur lui les regards intéressés des femmes et des enfants de Qoraïche, ce qui indignait les infidèles et les poussait à faire pression sur Ibn Ad-Dughna pour renoncer au patronage de l'homme s'il insistait sur ce qu'il faisait. Ainsi, Ibn Ad-Dughna demanda-t-il au grand Compagnon de pratiquer son culte en discrétion, mais reçut alors la réponse : "Je te restitue ta protection, et j'accepte celle du Très-Haut !" Ce fut ainsi qu'Abû Bakr As-Siddîq (qu'Allah l'agrée) continua à pratiquer son culte sans se cacher, endurant avec patience les torts infligés par les infidèles Qoraïchites, ayant foi en la rétribution divine. Or, Allah est avec les endurants.
Annulation du Feuillet
Le siège sur les Banû `Abd Manâf se resserra. A ceci, un groupe de notables Qoraïchites furent touchés et bondirent au secours des assiégés : ils se dirigèrent vers la Ka`ba, décrochèrent la charte du Feuillet et la déchirèrent, annulant ainsi l'engagement. Ce feuillet était déjà rongé par les insectes, et il n'en manquait que le nom d'Allah - le Glorifié - noté en prélude, comme l'avait prévenu le Prophète (BP sur lui).
Suite à cet acte, les Banû `Abd Manâf purent quitter les cols montagneux. Le Prophète (BP sur lui) poursuivit, pour sa part, l'appel à la religion d'Allah. Jour après jour, les musulmans grandissaient en nombre – adeptes venant de Qoraïche et autres – et devinrent plus coriaces devant les agresseurs. Dix ans après son apostolat, le Prophète connut le décès de son oncle Abû Tâlib, le tuteur et protecteur. Temps aux infidèles Qoraïchites de s'abattre sur leur proie. Le Prophète (BP sur lui) voulait alors émigrer vers At-Tâ'if. Il s'y rendit pour rechercher de possibles adhérents à la religion d'Allah ou de tuteurs parmi les notables de cette ville. Cependant, ceux-ci rejetèrent l'appel du noble Prophète en intégralité. Pire encore, on monta les insensés contre lui pour le cribler d'insultes sur sa route de sortie. Mohammed (BP sur lui) regagna La Mecque et demanda à Al-Mut`im ibn `Adî de le protéger. Ce fut fait. Et sous la tutelle de Al-Mut`im, le Prophète (BP sur lui) se rendit auprès de la Ka`ba, fit ses tournées rituelles, puis rentra chez lui, protégé cette fois-ci par son Grand Seigneur, à Lui la puissance et la gloire.
ÊÍãóøáÊõ æÍÏíó ãÜÇ áÇ ÃõØíÜÞú ãä ÇáÅÛÊÑÇÈö æåóÜãöø ÇáØÑíÜÞú
Çááåã Çäí ÇÓÇáß Ýí åÐå ÇáÓÇÚÉ Çä ßÇäÊ ÌæáíÇä Ýí ÓÑæÑ ÝÒÏåÇ Ýí ÓÑæÑåÇ æãä äÚíãß ÚáíåÇ . æÇä ßÇäÊ ÌæáíÇä Ýí ÚÐÇÈ ÝäÌåÇ ãä ÚÐÇÈß æÇäÊ ÇáÛäí ÇáÍãíÏ ÈÑÍãÊß íÇ ÇÑÍã ÇáÑÇÍãíä
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